Au Cameroun, les avocats sont en grève. Il ont décidé de déserter les tribunaux pour une durée de trois jours. Une grève provoquée par la diffusion sur les réseaux sociaux, au début mois de mars, d’une vidéo où l’on pouvait voir un avocat molesté par les forces de l’ordre.
Ces derniers dénoncent les abus et agressions dont ils se disent victimes de la part des forces de l’ordre sous le regard passif des autorités, dénoncent-ils .
Intolérable, estiment les hommes en robe noir, d’autant que le fait venait s’ajouter à d’autres enregistrés ces derniers temps.
« Ces derniers temps, de plus en plus, les avocats sont maltraités, molestés, menottés et traités de la manière la plus dégradante. Même la façon dont les avocats sont traités dans les unités de police et de gendarmerie est horrible. Et la question que nous nous posons est la suivante : si les avocats peuvent être traités de cette manière, qu’en est-il du citoyen ordinaire ?« , explique le bâtonnier de l’ordre des avocats du Cameroun, Me Mbah Eric Mbah.
« Après ces trois jours, nous reprendrons le travail en espérant qu’ils auront entendu notre message et qu’ils amélioreront la situation. Nous sommes très optimistes. Le ministère de la Défense m’a déjà contacté pour comprendre le problème. Je l’ai expliqué, et ils ont dit : ‘d’accord, pouvons-nous en parler ?’ Quant aux gendarmes, nous avons déjà entamé des discussions avec eux. La police, je sais qu’elle suivra également. »
Au terme de ces 72h d’arrêt momentané de leurs activités, les avocats espèrent que cette forme de plaidoirie fera écho auprès des autorités, pour une meilleure prise en compte de leur sécurité et que les autorités auront plus d’égards pour leur profession.