Un bateau transportant des migrants a chaviré mardi au large des côtes libyennes, causant la mort d’une personne et laissant 22 autres portées disparues, selon les autorités libyennes. Cette tragédie s’inscrit dans une série d’incidents maritimes dramatiques impliquant des migrants tentant de rejoindre l’Europe dans l’espoir d’une vie meilleure.
Les garde-côtes de Tobrouk, dans l’est de la Libye, ont précisé que le bateau transportait 32 migrants, dont neuf ont été secourus et ramenés au port de Tobrouk.
D’après l’association locale Abreen, qui vient en aide aux migrants dans la région, le bateau avait quitté la zone de Bab al-Zaitoun, à 15 kilomètres à l’est de Tobrouk, avant de chavirer suite à une panne mécanique de son moteur. Les migrants à bord étaient originaires d’Égypte et de Syrie, et les survivants ont été transportés à l’hôpital pour recevoir des soins.
La Libye, plongée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, est devenue un point de transit majeur pour les migrants fuyant les conflits et la pauvreté en Afrique et au Moyen-Orient. Les passeurs profitent de l’instabilité pour exploiter ces migrants, les entassant dans des embarcations de fortune pour des traversées périlleuses vers l’Europe.
Selon le Projet sur les migrants disparus de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 434 migrants ont péri et 611 autres ont disparu au large des côtes libyennes au cours des huit derniers mois. Plus de 14 100 migrants ont été interceptés et renvoyés en Libye durant cette période. En 2023, l’OIM avait déjà recensé 962 morts et 1 563 disparus, tandis que 17 200 migrants étaient interceptés et renvoyés en Libye.
Les migrants renvoyés en Libye sont souvent détenus dans des centres gérés par le gouvernement, où les abus sont fréquents. Ils subissent des conditions inhumaines, incluant le travail forcé, les violences physiques, les viols et la torture des actes qualifiés de crimes contre l’humanité par les enquêteurs mandatés par l’ONU.
Ces atrocités sont souvent accompagnées de tentatives d’extorsion envers les familles des détenus, qui doivent payer pour libérer leurs proches avant qu’ils ne soient autorisés à quitter la Libye sur les embarcations des trafiquants en direction de l’Europe.