Considéré comme un péché qui entrave le développement du pays, le concubinage est fortement combattu en Burundi depuis quelques années déjà. En 2017, le mariage a été imposé aux couples burundais vivant en union libre ou en concubinage. La province de Ngozi, dans le nord du pays, est le théâtre de cette chasse aux concubines au cours de ces derniers mois.
Selon le gouverneur de cette province Désiré Minani, au moins 900 concubines ont été chassées dernièrement de leurs ménages. Mais, c’est sans compte des conséquences comme les abandons scolaires pour des milliers d’enfants ou encore des femmes devenues des sans-abri.
« Notre objectif a été atteint à plus ou moins 85%. Nous avons également 3600 enfants affectés par le concubinage à Ngozi », a-t-il déclaré.
Les enfants issus du concubinage sont les plus affectés par cette campagne de lutte contre le concubinage.
« Nous sommes en train de conjuguer les efforts avec les partenaires techniques et financiers de la province pour essayer de collecter les moyens nécessaires à faire scolariser les 3600 enfants qui risquent d’être une bombe à retardement si rien n’est fait », indique le gouverneur.
Dans ce petit pays d’Afrique de l’est majoritairement catholique, situé entre la République démocratique du Congo et la Tanzanie, vivre en union libre est désormais illégal. « Tous les concubins qui seront découverts à partir de maintenant seront considérés comme des criminels », continue de menacer le gouverneur de Ngozi.
D’ailleurs, cette « campagne de moralisation de la société » avait été lancée à l’époque par l’ancien président burundais en personne, Pierre Nkurunziza. Pour certains Burundais, cette mesure reprise par l’actuel chef d’Etat Évariste Ndayishimiye est une atteinte aux libertés individuelles.