Au Mali, la commission de rédaction de la « Charte pour la Paix et la Réconciliation » a commencé cette semaine ses travaux. Après avoir rencontré les autorités traditionnelles et religieuses le 22 juillet, elle a consulté les partis politiques le lendemain. Toutefois, les travaux ont été perturbés par la demande persistante des partis pour la libération des onze cadres politiques arrêtés le 20 juin dernier.
Les partis politiques, représentés par l’ancien ministre Djiguiba Keita, insistent sur la libération immédiate et sans condition des détenus, conditionnant leur participation aux travaux gouvernementaux à cette exigence. Les onze cadres sont accusés d’opposition à l’exercice de l’autorité légitime après avoir tenu une réunion privée durant la suspension des activités politiques par décret présidentiel. Ce décret a depuis été levé.
L’AFD de Modibo Soumaré a demandé à Ousmane Issoufi Maïga, président de la commission de rédaction, d’utiliser son influence auprès du président de transition, le colonel Assimi Goïta, pour obtenir cette libération. Les partis politiques espèrent une intervention des autorités actuelles plutôt qu’une résolution judiciaire, qu’ils considèrent comme politique.
L’ancien Premier ministre Moussa Mara a visité les détenus, exprimant sa détermination à obtenir leur libération et à instaurer une véritable démocratie au Mali. Cependant, Ousmane Issoufi Maïga a répondu qu’il ne pouvait pas se substituer à la justice.
La commission prévoit de consulter d’autres groupes avant de rédiger la charte, qui servira de référence pour la sécurité, la paix, la réconciliation nationale, la cohésion sociale et le vivre-ensemble au Mali. Le dialogue inter-malien de mai dernier avait recommandé une prolongation de la transition et un dialogue avec tous les mouvements armés maliens, bien que ni les rebelles du CSP ni les jihadistes du Jnim ne soient inclus dans les consultations actuelles.
En 2017, le Mali avait déjà adopté une charte pour la paix issue de la Conférence d’entente nationale.