Mohamed Ziane, ancien ministre marocain des Droits de l’Homme, a été condamné à cinq (5) ans de prison pour corruption. Son avocat décrit cette condamnation comme une rétribution pour son franc-parler et sa défense des prisonniers politiques.
La cour d’appel de Rabat a prononcé cette sentence après une audience où Ziane, âgé de 81 ans, est resté silencieux en signe de protestation. Le tribunal l’avait reconnu, avec deux collègues, coupable de corruption et détournement de fonds pendant la campagne électorale de 2015.
Ali Reda Ziane, avocat et fils de l’accusé, a vigoureusement nié les accusations, affirmant que le tribunal n’avait pas suivi les procédures habituelles et avait perdu les 17 appels déposés par la défense. Il a lié cette affaire à la défense par son père de journalistes et d’activistes critiquant le gouvernement, y voyant une atteinte à la liberté d’expression au Maroc.
Ce verdict suscite des réactions internationales et de la part des organisations de défense des droits de l’homme. En 2022, Ziane avait déjà été condamné à trois ans de prison pour 11 chefs d’accusation, dont diffamation et harcèlement sexuel.
L’Association marocaine de soutien aux prisonniers politiques a dénoncé les accusations comme arbitraires et la procédure comme inéquitable. Human Rights Watch a également critiqué la répression de la liberté d’expression au Maroc, mentionnant Ziane dans son rapport de 2022. Amnesty International a qualifié les accusations contre Ziane de « fausses » et liées à son travail de défense des droits humains.
Ziane, qui a défendu des figures comme Taoufik Bouachrine et Nasser Zefzafi, a commencé son activisme après sa démission en tant que ministre. Il est devenu une voix dissidente notable ayant déjà servi au sein du gouvernement marocain.