Son visage apparaît à tous les coins de rue, dans les stations de métro, aux arrêts de bus et dans les journaux…Lui, c’est Abou Sangare, révélé au cinéma en France. Mais, toujours menacé d’expulsion.
Aujourd’hui acteur principal dans « L’histoire de Souleymane », un long métrage primé qui est sorti dans les salles françaises cette semaine, le film et le succès soudain d’Abou Sangare jettent la lumière sur l’immigration clandestine en France.
Un succès époustouflant qui intervient au moment même où le nouveau gouvernement adopte une position plus dure sur la question.
Il s’est engagé à rendre plus difficile le séjour des immigrés sans statut légal permanent, et plus facile leur expulsion par la France.
Comme le personnage qu’il incarne, Abou Sangare espère persuader les autorités françaises de lui accorder le droit de séjour et d’abandonner leurs efforts pour le forcer à partir.
Il a fait trois demandes de papiers, sans succès, et vit avec un arrêté d’expulsion au-dessus de la tête. Les critiques affirment que les gouvernements successifs ont de plus en plus recours aux mesures d’expulsion.
Il dit avoir quitté la Guinée à l’âge de 15 ans en 2016 pour aider sa mère malade. Il s’est d’abord rendu en Algérie, puis en Libye, où il a été emprisonné et traité « comme un esclave » après une tentative de traversée ratée.
L’Italie a suivi, et il a finalement posé le pied en France en mai 2017.
A rappeler que le 24 mai, au Festival de Cannes, Abou Sangaré a remporté le Prix d’interprétation masculine dans la section « Un certain regard ».