L’opposition togolaise est de nouveau descendue dans les rues de Lomé ce dimanche pour protester contre la nouvelle Constitution, promulguée le 6 mai 2024. Cette réforme, qui instaure un régime parlementaire, continue de susciter une forte contestation. Les opposants dénoncent un « coup de force » et exigent le retour au régime présidentiel.
Une mobilisation populaire à Lomé
Le rassemblement s’est tenu à Akassimè, au cœur de la capitale, où des milliers de manifestants ont exprimé leur désaccord. Plusieurs figures de l’opposition et de la société civile ont pris la parole pour dénoncer cette réforme.
🔹 David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo-Debout, a insisté sur l’importance du dialogue avec la population :
« Nous devons discuter avec le peuple et réaffirmer notre résistance face à cette forfaiture, qui est un véritable coup d’État constitutionnel. »
🔹 Paul Dodzi Apévon, leader des Forces démocratiques pour la République (FDR), a alerté sur l’avenir du pays :
« Tant que la peur nous retient, le Togo continuera de sombrer. Ils sont en train de nous couler sous nos yeux ! »
🔹 Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), a qualifié la nouvelle Constitution de « manœuvre visant à institutionnaliser une dictature ».
Un appel au retour à l’ancien système
Les opposants réclament le rétablissement de la Constitution précédente, avec un régime présidentiel où le chef de l’État est élu au suffrage universel direct. Selon eux, la nouvelle réforme renforce le pouvoir du parti au pouvoir, qui contrôle 108 des 113 sièges à l’Assemblée après les élections du 29 avril 2024.
Après plus de deux heures de discours, le rassemblement s’est dispersé dans le calme. Toutefois, l’opposition promet de maintenir la pression et d’intensifier la mobilisation dans les semaines à venir. Cette contestation s’inscrit dans un climat politique marqué par 58 ans de pouvoir dynastique, où les voix dissidentes peinent à se faire entendre face à une répression constante.